Mise en pratique de méthode de lecture

Ces textes ont été écrits par Catherine Chemin, ancienne membre de CISE. Ils enrichissent désormais le site de LAIA en incitant à la réflexion.

Montessori

 

Méthode alphabétique, phonémique et sensorielle

Matériel : livret pédagogique “dictées muettes” ; lettres rugueuses grand format ; lettres mobiles ; 66 planches de dictées muettes (fichiers à imprimer dans ‘’Méthodes’’, ‘’Français’’, ‘’Pédagogie Montessori – fichiers pour fabriquer le matériel de l’apprentissage de la lecture’’ : cet espace est réservé aux adhérents).

En résumé : avec la pédagogie Montessori, l’enfant n’apprend pas à lire, mais à écrire. Maria Montessori, en tant que médecin, avait découvert que cet ordre était beaucoup plus logique pour le fonctionnement du cerveau et pour l’effort que cela demande. En effet, l’écriture est seulement l’analyse des sons qui compose un mot et la transcription en graphème car le mot qui doit être écrit est connu de l’enfant. Pour la lecture, il faut procéder en plus à la synthèse des sons pour obtenir le mot qui n’est pas encore connu.

Elle propose donc, pour commencer, de donner les moyens d’écrire à l’enfant en le préparant indirectement par des activités sensorielles. Sa pédagogie se distingue également par l’apprentissage de chaque sonorité à l’oral et par le toucher de chaque graphème, découverte sensorielle et phonétique des lettres rugueuses. Simultanément, nous proposons des jeux oraux sur la reconnaissance phonétique. Le déclic de l’écriture se réalise par les dictées muettes qui demandent de composer avec des lettres mobiles des mots correspondant à des images. La progression est double : d’une part les mots sont d’abord d’une syllabe, puis de deux, etc… ; d’autre part, les 66 exercices de 9 mots font appel à des graphèmes de difficultés croissantes. Les difficultés orthographiques sont donc progressives. L’écriture par arrangement de lettres mobiles précède la lecture dont le déclic vient tout seul entre deux et six mois après le déclic de l’écriture. L’enfant doit se déplacer fréquemment. L’écriture manuscrite n’est pas associée explicitement à la lecture.

Apprentissage de l’écriture et de la lecture

L’enfant, dont l’esprit est en éveil et qui n’a pas été entravé dans son fonctionnement, réclame à lire et écrire en général vers 3 ans, 3 ans ½. C’est le moment de commencer ces trois activités simultanément :

  • le jeu « je devine » pour découvrir les sons oralement ;
  • les lettres rugueuses à présenter selon la leçon en 3 temps pour découvrir la forme graphique ;
  • les encastrements géométriques pour l’apprentissage indirect de l’écriture. Pour Maria Montessori, inutile de faire des lignes et des lignes d’écriture, cette méthode est beaucoup plus efficace et surtout attrayante pour l’enfant car libre et créative.

Jeu ‘’je devine’’ : ce jeu peut éventuellement se conjuguer avec d’autres méthodes d’apprentissage de la lecture par les sons comme La Planète des Alphas et d’autres méthodes d’apprentissage du graphisme.

Matériel : des objets miniatures ou autres (animaux de la ferme, vaisselle, moyen de locomotion…). Choisir des objets qui plaisent à l’enfant pour augmenter sa motivation.

Présentation : à chaque fois, prendre 7 à 8 objets. Nous les étalons sur la table et les nommons devant l’enfant l’un après l’autre en insistant si possible sur le premier son : vvvache. Il faut que ces objets commencent chacun par un son différent. Exemple : vache, mouton, coq, poule, dindon, cheval, âne et lapin. « Je voudrais que tu me donnes un animal dont le nom commence par le son vvv ». L’enfant parcourt des yeux les différents animaux et s’arrête sur vache. Il nous le donne. Nous continuons ainsi jusqu’au dernier. Si l’enfant se trompe, ne jamais dire « non, ce n’est pas ça, tu t’es trompé » mais plutôt « tu crois vraiment que mmmouton commence par le son vvv ? ».

Faire selon la demande de l’enfant, 2 ou 3 fois par semaine. Quand l’enfant est à l’aise pour trouver le premier son, (ce sera peut-être quelques mois après), nous pouvons prendre plusieurs objets qui commencent par le même son et qui diffèrent au second son. Exemple : crapaud, canard, cochon…

Nous pouvons faire ce travail en puisant dans l’ambiance de la pièce, ou à l’extérieur avec les fleurs, les arbres ou aussi des noms de personnes. Nous pouvons ensuite le faire de façon plus abstraite, sans les objets, « Devine à quoi je pense, tu ne peux pas savoir encore à quoi je pense tant que je ne t’ai pas dit que le premier son est mmm et que le deuxième son est o… ».

Les encastrements géométriques

Voici une méthode d’apprentissage du graphisme idéale pour les enfants n’aimant pas les exercices classiques. Cette activité est une préparation indirecte à l’écriture et peut s’ajouter à des exercices plus scolaires selon les enfants. Le matériel peut être fabriqué avec une scie à chantourner ou on peut l’acheter.

Matériel : deux présentoirs avec chacun 5 encastrements géométriques de 15×15 cm. La série comprend un carré, un rectangle, un losange, un cercle, un triangle, un ovale, une ellipse, une rosace, un trapèze, un triangle convexe. Mettre à disposition de l’enfant ce matériel sur une étagère ainsi que des feuilles cartonnées de 15×15 cm et des crayons de couleurs.

Présentation d’une forme géométrique :

Prendre une feuille de dessin de 15×15 cm. Prendre le contour d’une forme géométrique et le poser sur la feuille. Maintenir de la main gauche et dessiner de la main droite la forme avec une couleur, toujours dans le sens antihoraire. Enlever le contour et le ranger. Prendre ensuite la forme géométrique, la poser sur la feuille de façon à ce qu’elle se superpose avec le premier dessin. Maintenir d’une main et retracer le contour d’une autre couleur. Enlever la forme. Ensuite, avec d’autres couleurs, faire des hachures obliques espacées d’environ 3 millimètres à l’intérieur de la forme géométrique. Dessiner les traits obliques d’en bas à gauche vers le haut à droite. Les traits doivent être parallèles et remplir exactement le contour de la forme géométrique sans dépasser. On considère que l’enfant est prêt à écrire lorsque les traits sont bien parallèles et ne débordent pas (aucune remarque n’est faite à l’enfant).

Les lettres rugueuses : les lettres rugueuses sont découpées dans du papier de verre et coller chacune sur un support de 25 cm de large et 20 cm de haut. Les supports sont peints en bleu pour les consonnes et en rouge pour les voyelles.

Pour commencer, apprendre les sons simples (ce que l’on entend, pas le nom de la lettre, cela viendra plus tard) sans respecter l’ordre alphabétique. Si possible commencer par les lettres du prénom de l’enfant :

a = a, b = « bbb », c = « kkk », d = « ddd », e = e, f = « fff », g = « ggg » (comme dans le mot gare), h = « » (pour cette lettre, mettre un doit sur la bouche comme pour faire chut ), i = i, j = « jjjj », k = « kkk », l = « lll », m = « mmm », n = « nnn », o = o, p = « ppp », q = « kkk », r = « rrrr », s = « sss », t = « tttt », v = « vvv », w = « vvv »,

x = « ksss », y = i, z = « zzz ».

Plus tard et suivant les circonstances, suivant aussi le prénom de l’enfant, on apprend qu’une même lettre peut émettre 2 sons différents comme :

W = « vvvv » ou « wou »

X = « ksss » ou « kzzz »

Y = i ou « ill » ….

  • Lorsque l’enfant connaît au moins une douzaine de lettres et leur son (en Montessori, cela signifie que l’enfant est capable de visualiser le contour de la lettre quand il entend la sonorité correspondante et réciproquement qu’il est capable d’émettre le son lorsqu’il voit la lettre) ;
  • Lorsque l’enfant relève spontanément des sons dans des mots depuis quelques temps comme par exemple « citron c’est comme savon, comme salade, comme cerise » (ces mots commencent tous par le son sssssss) ;

Alors, l’enfant est prêt pour commencer à écrire, pour composer des mots avec des lettres mobiles (celles-ci doivent être rigoureusement les mêmes que les lettres rugueuses en taille et en forme. Si les consonnes étaient sur fond bleu et les voyelles sur fond rouge, les consonnes mobiles doivent être bleues et les voyelles rouges).

L’activité d’écrire, de choisir les graphèmes correspondant au phonème, est dissociée du graphisme afin d’isoler chaque difficulté. C’est aussi une particularité de la pédagogie Montessori. Nous commençons les dictées muettes et l’enfant peut, s’il le désire, écrire spontanément ce qu’il veut. À ce stade, l’enfant écrira plutôt phonétiquement. Évidemment, si ce n’est pas gênant dans un premier temps, il ne faut pas laisser l’enfant s’installer dans cette écriture phonétique mais lui faire découvrir les clés pour écrire correctement : les mots sont séparés, un même son peut s’écrire de manière différente. Cela fait l’objet d’exercices différents qui ne doivent pas interférer avec l’écriture spontanée de l’enfant. L’important est que le message qu’il a voulu écrire soit compréhensible phonétiquement : « jevedelo ».

Aide pour mémoriser les lettres :

Pour aider l’enfant à mémoriser les lettres, on peut faire des affiches et les accrocher au mur.

Premiers sons complexes :

On peut commencer rapidement les sons complexes sans avoir appris toutes les lettres : ch, é, è, oi, gn, ou, in, on, an, un. Pour ces sons, on peut faire une affiche, on peut également faire une pochette avec 5 à 8 images et des billets à placer sous les images. Exemple pour « ch » : cheval, ruche, biche… (fichiers à imprimer dans ‘’Méthodes’’, ‘’Français’’, ‘’Pédagogie Montessori – fichiers pour fabriquer le matériel de l’apprentissage de la lecture’’ : cet espace est réservé aux adhérents). Si vous faites vos propres images, attention d’utiliser des mots dont chaque son simple ou complexe est connu de l’enfant.

Puis on apprend les différentes façons de faire chaque son.

o

z

e

é

è

g

j

on

k

ill

in

an

s

o

au

eau

z

s

e

eu

oe

oeu

é

….er

….ez

….ed

è

ê

ai

ei

e + 1

consonne

es

…et

g

gh

gu

j

g+e

g+i

ge

on

om

k

c

q

qu

ch

ill

il

y+1

voyelle

in

im

ain

aim

yn

ym

ein

en

an

en

am

em

aon

s

ss

sc

c+i

c+e

ç

t

À ce stade également on peut faire des pochettes avec seulement des mots. On dessine une oreille sur la pochette pour signifier ce que l’on entend. À l’intérieur on fait plusieurs petits livrets, un pour chaque façon de faire le son, avec un œil dessus pour signifier ce que l’on voit. On peut mettre jusqu’à 8 mots.

Aide à la lecture du mot :

Entre 2 et 6 mois après avoir commencé à écrire, l’enfant a le déclic de la lecture. Il analyse les signes graphiques les uns après les autres, les transforme rapidement en sons, puis synthétise la chaîne des sons (ccc a nnn a rrr i = canari) pour en comprendre le sens. C’est le fameux déclic de la lecture ! Ensuite, il suffit d’acquérir de la vitesse.

Voici différents exercices faciles à mettre en application pour l’aider à devenir plus rapide dans sa lecture et surtout dans sa compréhension. Il ne connaît pas encore forcément les sons de toutes les lettres ni de tous les phonèmes, il est important de choisir des mots que l’enfant sera capable de lire en fonction de ce qu’il a appris.

Donc, dès que l’enfant commence à lire des mots, il est bon de lui donner l’habitude d’associer ce qu’il lit à du concret. Maria Montessori favorise les activités avec lesquelles l’enfant peut se déplacer car il apprend mieux en bougeant !

Les billets : écrire sur des billets des noms d’objets de l’environnement, une douzaine à chaque fois. Nous les mettons dans une boîte après les avoir pliés en quatre. « Tire un billet, lis-le et va le placer sur l’objet correspondant ». L’enfant tire un billet, le lit et va le placer sur l’objet correspondant : chaise, table, évier, livre, règle, gomme, chaussure… l’enfant continue tout seul. Nous pouvons également écrire des noms d’objets ou de miniatures que nous avons posés préalablement sur une table (ex : différents animaux ou moyens de locomotion). Il est souhaitable que les objets soient éloignés de l’endroit où l’enfant tire les billets et les lit. Il travaille donc debout et peut bouger.

Nous pouvons également dire à l’enfant d’aller chercher l’objet dont le nom est écrit et de le poser sur la table, puis refaire l’exercice contraire après avoir remis les billets dans la corbeille, l’enfant ira alors ranger les animaux tirés au sort.

Billets à correspondre : par exemple, nous choisissons le thème « la maison des animaux » : nous faisons une série de billet d’une couleur avec des noms d’animaux et une série de billets d’une autre couleur avec le nom de la maison de chaque animal de la première liste. Nous invitons l’enfant à faire correspondre chaque animal à sa maison. Nous pouvons préparer une fiche de réponse pour que l’enfant puisse se contrôler seul. Nous pouvons proposer également une série avec « la voix des animaux » ou « les groupes d’animaux »…(fichiers à imprimer dans ‘’Méthodes’’, ‘’Français’’, ‘’Pédagogie Montessori – fichiers pour fabriquer le matériel de l’apprentissage de la lecture’’ : cet espace est réservé aux adhérents).

Pochettes d’images par thèmes : faire une pochette 15×15 cm avec à l’intérieur une dizaine d’images 14x14cm sur un thème : les fleurs cultivées, les fleurs sauvages, les fruits, les animaux des bois, les animaux d’Afrique, les animaux selon la classification du règne animal, des ustensiles de cuisine, des moyens de locomotion, le corps humain, les outils de jardinage… selon les envies, les goûts de l’enfant.

Chaque image (rangée à gauche) est renseignée au dos et correspond à un billet (rangé à droite) avec le nom. L’enfant étale les images d’une pochette et place chaque billet sur l’image correspondante. L’enfant se corrige seul en retournant l’image, car le nom est inscrit au dos de la carte.

Les studias : préparez 2 colonnes sur une feuille A4. Collez une image ou faites un dessin représentant le thème choisi dans chaque colonne. Les 2 images doivent montrer une nette différence. Par exemple : été / hiver, moyens de locomotion terrestres / moyens de locomotion maritimes, animaux des pays chauds / animaux des pays froids… Préparez une vingtaine de billets avec des noms en rapport avec les images choisies que l’enfant lit et place dans la colonne adéquate. Vous pouvez préparer une liste triée des noms utilisés pour que l’enfant puisse se corriger seul. (fichiers à imprimer dans ‘’Méthodes’’, ‘’Français’’, ‘’Pédagogie Montessori – fichiers pour fabriquer le matériel de l’apprentissage de la lecture’’ : cet espace est réservé aux adhérents).

Aide à la lecture de la phrase :

Les rouleaux : sur une bande de papier d’environ 3 cm de haut, écrire d’une grosse écriture une phrase. Roulez cette bande en commençant par la fin. Préparez ainsi plusieurs rouleaux que vous mettrez dans un coffret. Faire choisir un rouleau à l’enfant qui aime beaucoup le côté mystérieux. L’enfant déroule tout doucement la bande de papier en lisant au fur et à mesure que les lettres apparaissent.

Les ordres : nous proposons une vingtaine de billets sur lesquels sont écrits des ordres.

1} Un seul ordre. Ex : ouvre la porte

2) 2 actions consécutives. Ex : va au lavabo et bois un peu d’eau.

3) 3 actions ou plus qui peuvent être consécutives ou non. Ex : ouvre le tiroir, prends un carré de chocolat et mange-le.

Les phrases doivent être brèves et faciles à exécuter. -« Tu tires un billet, le lis en silence, le tournes sur la table. Tu fais ce qui est écrit et nous devons deviner ce qui est écrit ». Ainsi, l’enfant s’habitue à chercher à comprendre tout ce qu’il lit. Les ordres sont considérés non seulement comme des exercices de lecture mais aussi comme tests de mémoire et de psychologie par Maria Montessori. On peut ainsi observer s’il se souvient bien des actions successives, car l’enfant perturbé, comprend mal, oublie et change l’ordre des actions. Nous préparons une corbeille remplie d’ordres et l’enfant peut travailler seul.

Écriture de livres :

L’enfant peut commencer à créer lui-même des petits livres avec un dessin à gauche et une phrase à droite. L’adulte peut faire le secrétaire et écrire pour l’enfant qui crée l’histoire et fait les dessins, puis l’adulte prépare un modèle que l’enfant recopie, puis l’enfant écrit seul.

Planète des Alphas

Pour acheter le matériel des Alphas : http://www.lesalphas.net/

La Planète des Alphas© est une méthode d’apprentissage de la lecture développée récemment par Claude Huguenin et Olivier Dubois. Cette méthode s’applique à aider les enfants à découvrir le principe alphabétique (le fait que les lettres représentent des sons).

Grâce à son côté très ludique, la Planète des Alphas© peut être utilisée avec des enfants dès l’âge de 4 ans environ ; mais bien sûr, son utilisation peut ne démarrer qu’à 6 ans.

Le concept

Les auteurs se sont adaptés à l’univers de l’enfant et ont créé un conte (La Planète des Alphas©), dans lequel les personnages ont la forme des lettres (voir photo) ainsi qu’une raison d’émettre leur son. Par exemple, le r est un robinet qui râle parce qu’il est bouché, alors il dit « rrrr ». « Monsieur a » est un personnage qui aime faire des blagues et rigoler ; il porte toujours sa canne à l’envers et dit « a-a-a ».

Le conte est présenté dans un livre grand format, avec uniquement des illustrations. Une version simplifiée du récit se trouve dans un livret et 1 cd reprend le conte en entier raconté par des comédiens et enrichi de musiques et de bruitages.

L’histoire est la suivante : un jeune garçon est triste parce qu’il n’arrive pas à lire. Un génie apparaît et lui fait découvrir ses amis les Alphas qui vivent sur la planète du même nom. Ceux-ci sont menacés par une sorcière, Furiosa. C’est ainsi que le garçon part à la rescousse des Alphas…

La progression

On débute par une découverte de l’histoire : lecture répétée du livre, avec ou sans cd, en suivant le récit ou en commentant selon ses envies et celles de l’enfant. Une fois que l’histoire est bien assimilée, on propose des activités qui amènent l’enfant à bien connaître les personnages du conte, leur caractéristique et leur son, et à les mettre ensemble. On commence par les voyelles, puis les consonnes longues et enfin les consonnes courtes. Quelques activités sont proposées dans un cahier pratique. Par exemple, l’enfant doit colorier le personnage qui porte sa canne à l’envers. Plus tard, on lui demande de colorier celui qui dit « a-a-a ».

Le conte permet également d’aborder la fusion syllabique (le fameux b+a=ba) grâce à une anecdote : la fusée (« fffff ») tombe sur monsieur O (« oooo »)… ce qui donne « fffooo ». On peut ensuite s’amuser à faire tomber la fusée sur les autres voyelles. Ensuite, on prend un autre personnage représentant une consonne longue pour appliquer un scénario équivalent. Dans notre cas, il s’agissait du « m » (représenté par un monstre bien gentil) qui « sautait » sur les voyelles : mmaaa, mmooo, etc. Il nous a fallu un petit moment pour franchir cette étape, mais une fois le déclic venu, faire la fusion avec les autres consonnes a été un jeu d’enfant (le son de ces consonnes étant connu grâce à l’histoire et aux activités). Toutes ces découvertes se font donc de façon très ludique, avec, pourquoi pas, des mimes et des effets de voix ! C’est un vrai plaisir de découvrir ces Alphas.

Le matériel

La mallette pédagogique contient les éléments indispensables au démarrage : le livre illustré, le cd du conte, 1 DVD (diaporama du conte + présentation de quelques activités), 1 livret avec l’histoire simplifiée, le cahier pratique et un poster. Cette mallette coûte 49 € et permet la découverte du principe syllabique (les lettres et les sons), de la fusion syllabique et des correspondances lettres-sons. Cela ne suffit évidemment pas à maîtriser la lecture. Les auteurs ont donc développé toute une gamme d’outils pour la poursuite de l’apprentissage : découverte des sons complexes, des graphèmes complexes (gu/ge par exemple), découverte des différents types d’écriture, travail de la compréhension en lecture et développement du lexique, figurines pour manipuler.

Ces outils présentent néanmoins un inconvénient majeur pour des particuliers : leur coût ! Certains jeux (en grand format et prévu pour une utilisation en classe) coûtent environ 80€.

Il est possible d’utiliser la mallette de base pour acquérir les notions de base puis de bifurquer vers une méthode plus classique lorsque l’enfant connaît bien le son des lettres et peut les fusionner.

Il est également simple de créer ses propres jeux (loto, mémory, affiches, etc.) car la police de caractère « Alphas » se trouve facilement sur internet.

En conclusion, l’utilisation conjointe et interactive de ces outils aide sans aucun doute l’enfant à construire son apprentissage de façon très active et à son rythme.

Contact

La Planète des Alphas S.A. – 8, Rue Maréchal de Lattre de Tassigny 59000 LILLE – 0800/045 622 – Site : www.planete-alphas.net

Groupe de discussion : –http://fr.groups.yahoo.com/group/laplanetedesalphas/

Présentation succincte des outils complémentaires

A) Le jeu de cartes de La Planète des Alphas©

Il s’agit d’un ensemble de 132 cartes représentant les personnages des Alphas, les lettres correspondantes en écriture majuscule imprimée, minuscule imprimée et en écriture cursive. Différents jeux décrits dans un petit guide permettent de consolider le lien entre l’Alpha et les lettres dans les différentes écritures, de manipuler les sons, de les associer, de travailler la mémoire. C’est un complément très intéressant à la mallette de base.

B) Les 28 figurines

Les figurines en matière souple représentent les Alphas (voir photo). Elles mesurent 5 à 7 cm de hauteur. Elles permettent de réaliser de façon très ludique des activités relatives à la conscience phonémique. Par exemple, Furiosa veut capturer l’alpha qui fait « vvv », et l’enfant doit vite l’attraper pour le mettre à l’abri. En outre, les manipulations enrichissent la représentation mentale des lettres grâce à une perception tactile.

C) Le loto des Alphas

Ce jeu consiste en 94 planches (illustrant chacune 3 mots) accompagnées d’un ensemble de cartons figurant les Alphas. L’enfant doit donc « écrire » le mot au moyen des Alphas, en plaçant ceux-ci dans des wagons dessinés derrière le mot illustré (voir photo). Les planches sont progressives et réparties en 10 niveaux : les premiers mots sont courts et simples phonétiquement ; ensuite apparaissent des mots avec des groupes de consonnes, puis des sons complexes (on, an, etc.). Un livret contient des histoires pour découvrir les consonnes courtes et les sons complexes.

D) Les fiches pédagogiques

Le classeur comprend 112 fiches d’activité et 15 fiches d’évaluation. Les activités sont intéressantes car elles permettent de travailler d’autres compétences intervenant dans l’activité de la lecture, comme la compréhension, l’utilisation d’inférences, le développement du lexique, une analyse critique de textes et d’images. Il s’agit par exemple d’associer des phrases à des images, de questions « vrai ou faux ». Certaines fiches se rapportent aux histoires des recueils de texte.

Deux recueils de textes progressifs

Dès que l’enfant a acquis les principales correspondances lettres-sons, on peut lui proposer ces histoires. La particularité des recueils tient en ce que l’illustration de chaque phrase se trouve au verso de la page. L’enfant est donc amené à lire sans deviner et peut ensuite vérifier l’exactitude de sa compréhension. Les 19 textes, au départ courts et simples, sont progressivement plus longs et introduisent les sons complexes. Ces histoires peuvent être exploitées à l’aide de fiches pédagogiques.

E) Le guide pédagogique

Ce guide décrit très minutieusement la méthode : les concepts scientifiques qui la sous-tendent, le matériel, les activités de départ et la progression. Il faut signaler que le guide renvoie aux autres outils de la méthode pour la progression. Donc il n’est utile que si l’on en possède quelques-uns. Notamment, on y trouve toutes les consignes correspondant aux fiches pédagogiques.

F) Images et textes de référence

Afin que l’enfant s’approprie à son rythme les connaissances, les auteurs proposent des posters (format A4 et A3) représentant les Alphas ainsi que les scènes illustrées se rapportant aux sons complexes (ou, oi, gn, etc.). L’enfant peut s’y référer en cas de besoin ; il est donc amené à être actif et autonome dans son apprentissage. Deux petites histoires complémentaires servent à introduire les différents types d’écriture.

Le jeu des invités

Grâce à quelques histoires, l’enfant découvre que certaines lettres se lisent différemment selon le contexte graphémique (c, g, s) et que des sons peuvent s’orthographier de manières différentes (« o » : eau, au). Le jeu en lui-même est un simple parcours (type jeu de l’oie) au cours duquel on a l’occasion de réfléchir aux règles d’orthographe et de lire quantité de mots (avec la possibilité d’adapter la difficulté au niveau de lecture). Le principe n’est donc pas vraiment innovant. Le côté ludique peut amadouer les lecteurs récalcitrants.

G) Le jeu du Bêta

Le jeu permet de consolider les correspondances lettres-sons, un peu à la manière d’un jeu de UNO. Il est bien moins intéressant que l’autre jeu de cartes, moins pédagogique et moins structuré.

H) Les ardoises magnétiques

L’ardoise et ses 60 Alphas magnétiques permettent diverses manipulations. L’enfant peut par exemple former des syllabes ou des mots, sans avoir à passer par l’écriture (fastidieuse parfois).

Vinciane

Jean Qui Rit

Site et méthode : https://jeanquirit.wordpress.com/45-2/

Méthode alphabétique gestuelle – Marie Brigitte LEMAIRE

Matériel : Pédagogie Jean Qui Rit – guide pour les familles ; Collection de 32 images-gestes ; Planches de syllabes ; 2 cahiers d’écriture ; 132 lettres mobiles pour la dictée ; Session de formation
Association Jean Qui Rit – Le Roc St Michel -53150 St Céneré

Pour commander : Pédagogie JEAN QUI RIT, 82 rue Bonaparte, 75006 PARIS – Tél (00 33) 1 43 25 08 65 – http://pedagogiejeanquirit.ifrance.com

Cette pédagogie originale, fondée sur le geste, le rythme et le chant, vous permet d’accompagner les enfants de 4 à 7 ans sur un parcours d’éveil corporel puis d’apprentissage de la lecture et de l’écriture. En quatre jours, vous pouvez acquérir les bases de cette méthode ludique et structurée qui prévient la dyslexie et ne met jamais l’enfant en échec.

La connaissance de 50 phonèmes permet de déchiffrer n’importe quel texte courant”. Les fiches images-gestes associent un geste à une lettre ou à un groupe de lettres, et comportent au verso un court texte d’initiation. Association méthodique des gestes, du rythme, du chant. Le guide des parents donne des conseils pour l’éducation des petits enfants et la pédagogie, mais ne fournit pas le détail d’une progression dans l’acquisition des lettres, syllabes, et mots, tel qu’on le trouve dans les manuels cou­rants.

La méthode est constituée de plusieurs cartes sur lesquelles figurent une fille (pour les sons voyelles) ou un garçon (pour les sons consonnes) et une lettre. Un liseré de couleur violine pour les filles et vert pour les garçons aide l’enfant à distinguer les voyelles des consonnes. Pour chacune de ces cartes est associée une histoire que l’adulte lit à l’enfant.

L’enfant, placé bien en face, observe d’abord la carte que lui présente l’adulte. Puis l’adulte dit le prénom de l’enfant figurant sur la carte et le fait répéter. Enfin l’adulte lit l’histoire qui se trouve au dos de manière expressive et termine par le geste qui est associé à l’histoire (de la main gauche). L’enfant écoute et exécute le même geste de la main droite. Les gauchers font également le geste de la main droite.

Dès que l’enfant connaît quelques voyelles et une consonne, on peut introduire la notion de syllabe. On présente alors la syllabe (exemple : p- a) et exécute les deux gestes que l’enfant reprend de la main droite. Non seulement l’enfant associe rapidement le son à la lettre, mais de plus il retient l’histoire racontée avec une facilité déconcertante.

Cette méthode aide également à progresser lorsque la leçon de lecture devient plus complexe : il suffit en effet d’exécuter le geste appris lors de cette méthode pour que l’enfant se corrige, notamment dans la distinction des v/f ou t/d, qui n’est pas évidente.

La méthode Jean-qui-Rit est une méthode « plurisensorielle » « qui inclut à la fois l’éducation sensorielle et motrice, l’éducation rythmique, l’éducation à la voix, les chants et gestes, la lecture, la dictée par le geste et l’écriture rythmée ».

Lecture en couleurs de Caleb Gattegno

 

Caleb Gattegno, contemporain de Cuisenaire, a fait plusieurs découvertes sur l’acquisition de la lecture courant du siècle dernier, lors d’une mission en Éthiopie pour l’Unesco. Il était alors chargé de la préparation des manuels scolaires en tant qu’expert et ainsi amené à apprendre l’amharique, langue officielle et relativement facile à lire car en grande partie phonétique. Il apprend donc à, sa grande surprise les 231 syllabes et les 20 diphtongues en 2 jours. Cependant, bien qu’il sache comment dire les signes, il ne peut les comprendre. C’est ainsi qu’il réalise que les Éthiopiens eux-mêmes auraient certainement beaucoup plus de facilité que lui dans cet apprentissage, puisque possédant déjà le sens de ce sons. Il confirma son hypothèse avec la population qui l’entourait et c’est ainsi que certains apprirent à lire en 6 heures.

Il comprend ainsi que l’enfant sachant parler démontre qu’il possède un certain nombre de structures mentales. Il est déjà capable de donner du sens à des choses très subtiles, de faire abstraction de beaucoup de choses inutiles. L’exercice qu’on va lui proposer devra être en rapport avec son acquis linguistique mais aussi avec ses aptitudes mentales. D’où la nécessité de subordonner ce qu’il va acquérir à ce qu’il sait déjà. En apportant le langage parlé avec lui, l’enfant montre qu’il a déjà effectué 90 % du travail.

Par la suite, lors de la transmission de ce savoir lire, il s’est rendu compte qu’il faisait des erreurs dans sa façon de présenter sa méthode. Un lecteur averti comprend immédiatement même un terme ambigu qui porte à confusion alors qu’un non lecteur a besoin de termes précis et sans ambiguïté. Bref, ses erreurs l’amenèrent chaque fois à une prise de conscience. C’est ainsi qu’il intégra la valeur de l’erreur dans son enseignement et décida de guider l’apprenant vers des prises de consciences successives, tout comme lui scientifique avait échafaudé sa compréhension de l’acte de lire au travers notamment de ses erreurs.

C’est d’ailleurs ainsi que la science a avancé à partir d’observations et de prises de conscience. On fait une hypothèse, on expérimente, on déduit, on confirme ou on cherche plus loin.

Afin de guider l’apprenant vers des prises de conscience successive, cette méthode est fondée sur la géométrie donnant le côté morphologique et l’algèbre donnant le côté dynamique de la langue. Avec « roc », on obtient « cor » par renversement, « soc », par substitution,… On voit bien, dès le début, cette manière de travailler, de jongler en quelque sorte avec un très petit nombre de lettres ouvre à l’élève un champ d’expériences très vaste. De plus, si l’on évite de présenter le mot comme une image fixe, et son renversement comme un accident, il y a toutes les chances pour que la dyslexie ne se présente plus.

Cette méthode permet aussi d’avoir une meilleure orthographe. Car lorsque nous avons saisi le sens, les mots disparaissent, ils doivent disparaître. Lorsque nous parcourons une phrase, nous oublions les mots pour ne retenir que le sens qu’ils transmettent. Ce phénomène ne nous aide donc pas à retenir l’orthographe individuelle de chaque mot. Des techniques complémentaires permettent d’amener l’apprenant à la maîtrise de l’orthographe.

Passons maintenant à la méthode. Il s’agit de guider l’apprenant vers le « permis de lire » de même que l’on donne le permis de conduire à des personnes ayant acquis une certaine capacité à conduire mais ne maîtrisant pas toutes les situations de conduite, sachant cependant s’en débrouiller. Pour le permis de lire, c’est pareil, il s’agit de donner à l’enfant l’impulsion lui permettant de savoir qu’il est capable de lire seul presque tout.

Le choix des sons du premier livret amenant au permis de lire a été fait en fonction de ce critère. Pouvoir lire dans presque toutes les situations. Lorsque le choix est d’utiliser les tableaux pour apprendre à lire plutôt que les livrets N&B, le permis ou certificat de lecteur est donné à l’issue des 2 premiers tableaux. Diverses façons d’aborder l’apprentissage de la lecture sont proposées dans le livre « La lecture en couleurs – Guide du maître » par Caleb Gattegno.

Cette pédagogie fondée sur la logique et ne contenant pas d’exception convient particulièrement bien aux enfants précoces et une école l’utilise avec succès pour les enfants dyslexiques. La couleur, support supplémentaire du son, se révèle un élément déterminant.