Textes de lois
Sommaire
obligation d’instruction
Articles L131-1 Ă L131-2
Article L131-1 : Lâinstruction est obligatoire pour chaque enfant dĂšs lâĂąge de trois ans et jusquâĂ lâĂąge de seize ans.  La prĂ©sente disposition ne fait pas obstacle Ă lâapplication des prescriptions particuliĂšres imposant une scolaritĂ© plus longue.
Article L131-1-1 : Le droit de lâenfant Ă lâinstruction a pour objet de lui garantir, dâune part, lâacquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des Ă©lĂ©ments de la culture gĂ©nĂ©rale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique et, dâautre part, lâĂ©ducation lui permettant de dĂ©velopper sa personnalitĂ©, dâĂ©lever son niveau de formation initiale et continue, de sâinsĂ©rer dans la vie sociale et professionnelle et dâexercer sa citoyennetĂ©.
Cette instruction obligatoire est assurĂ©e prioritairement dans les Ă©tablissements dâenseignement.
Article L131-2 : Lâinstruction obligatoire peut ĂȘtre donnĂ©e soit dans les Ă©tablissements ou Ă©coles publics ou privĂ©s, soit dans les familles par les parents, ou lâun dâentre eux, ou toute personne de leur choix. Un service public de lâenseignement Ă distance est organisĂ© notamment pour assurer lâinstruction des enfants qui ne peuvent ĂȘtre scolarisĂ©s dans une Ă©cole ou dans un Ă©tablissement scolaire.
allocations familiales
Articles L131-3 et L552-4
Article L131-3
Le versement des prestations familiales affĂ©rentes Ă un enfant soumis Ă lâobligation scolaire est subordonnĂ© aux conditions fixĂ©es Ă lâarticle L. 552-4 du code de la sĂ©curitĂ© sociale
Article L552-4 du code de la sécurité sociale
Le versement des prestations familiales affĂ©rentes Ă un enfant soumis Ă lâobligation scolaire est subordonnĂ© Ă la prĂ©sentation soit du certificat dâinscription dans un Ă©tablissement dâenseignement public ou privĂ©, soit dâun certificat de lâautoritĂ© compĂ©tente de lâEtat attestant que lâenfant est instruit dans sa famille, soit dâun certificat mĂ©dical attestant quâil ne peut frĂ©quenter rĂ©guliĂšrement aucun Ă©tablissement dâenseignement en raison de son Ă©tat de santĂ©.
Les prestations ne sont dues quâĂ compter de la production de lâune des piĂšces prĂ©vues Ă lâalinĂ©a ci-dessus. Elles peuvent toutefois ĂȘtre rĂ©troactivement payĂ©es ou rĂ©tablies si lâallocataire justifie que le retard apportĂ© dans la production de ladite piĂšce rĂ©sulte de motifs indĂ©pendants de sa volontĂ©.
Un arrĂȘtĂ© interministĂ©riel fixe les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article et, notamment, le dĂ©lai dans lequel les piĂšces citĂ©es au premier alinĂ©a du prĂ©sent article doivent ĂȘtre produites.
sanctions
Article L131-11
L131-11
Les manquements aux obligations résultant des articles L. 131-10 et L. 442-2 du présent code sont sanctionnés par les dispositions des articles 227-17-1 et 227-17-2 du code pénal, ci-aprÚs reproduites :
â Art. 227-17-1.-Le fait, par les parents dâun enfant ou toute personne exerçant Ă son Ă©gard lâautoritĂ© parentale ou une autoritĂ© de fait de façon continue, de ne pas lâinscrire dans un Ă©tablissement dâenseignement, sans excuse valable, en dĂ©pit dâune mise en demeure de lâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation, est puni de six mois dâemprisonnement et de 7 500 euros dâamende.
Le fait, par un directeur dâĂ©tablissement privĂ© accueillant des classes hors contrat, de nâavoir pas pris, malgrĂ© la mise en demeure de lâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation, les dispositions nĂ©cessaires pour que lâenseignement qui y est dispensĂ© soit conforme Ă lâobjet de lâinstruction obligatoire, tel que celui-ci est dĂ©fini par lâarticle L. 131-1-1 du code de lâĂ©ducation, et permette aux Ă©lĂšves concernĂ©s lâacquisition progressive du socle commun dĂ©fini Ă lâarticle L. 122-1-1 du mĂȘme code, et de nâavoir pas procĂ©dĂ© Ă la fermeture de ces classes est puni de six mois dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende. En outre, le tribunal peut ordonner Ă lâencontre de celui-ci lâinterdiction de diriger ou dâenseigner ainsi que la fermeture de lâĂ©tablissement. â
â Art. 227-17-2.-Les personnes morales dĂ©clarĂ©es responsables pĂ©nalement, dans les conditions prĂ©vues par lâarticle 121-2, des infractions dĂ©finies aux articles 227-15 Ă 227-17-1 encourent, outre lâamende suivant les modalitĂ©s prĂ©vues par lâarticle 131-38, les peines prĂ©vues par lâarticle 131-39. â
Le fait, par les parents dâun enfant ou toute personne exerçant Ă son Ă©gard lâautoritĂ© parentale ou une autoritĂ© de fait de façon continue, de ne pas dĂ©clarer en mairie quâil sera instruit dans sa famille ou dans un Ă©tablissement privĂ© hors contrat est puni de lâamende prĂ©vue pour les contraventions de la cinquiĂšme classe.
instruction en famille
Articles L131-5 et L131-10
Article L131-5  : Les personnes responsables dâun enfant soumis Ă lâobligation scolaire dĂ©finie Ă lâarticle L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un Ă©tablissement dâenseignement public ou privĂ©, ou bien dĂ©clarer au maire et Ă lâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation, quâelles lui feront donner lâinstruction dans la famille. Dans ce cas, il est exigĂ© une dĂ©claration annuelle.
Les mĂȘmes formalitĂ©s doivent ĂȘtre accomplies dans les huit jours qui suivent tout changement de rĂ©sidence ou de choix dâinstruction.
La prĂ©sente obligation sâapplique Ă compter de la rentrĂ©e scolaire de lâannĂ©e civile oĂč lâenfant atteint lâĂąge de trois ans.
Le fait, pour les parents dâun enfant ou pour toute personne exerçant Ă son Ă©gard lâautoritĂ© parentale ou une autoritĂ© de fait de façon continue, dâinscrire cet enfant dans un Ă©tablissement dâenseignement privĂ© qui a ouvert malgrĂ© lâopposition prĂ©vue au chapitre Ier du titre IV du livre IV du prĂ©sent code ou sans remplir les conditions prescrites au mĂȘme chapitre Ier, alors quâils ont dĂ©clarĂ© quâils feront donner Ă cet enfant lâinstruction dans la famille, est passible des peines prĂ©vues au premier alinĂ©a de lâarticle 441-7 du code pĂ©nal.
 [âŠ]
Article L131-10 : Les enfants soumis Ă lâobligation scolaire qui reçoivent lâinstruction dans leur famille, y compris dans le cadre dâune inscription dans un Ă©tablissement dâenseignement Ă distance, sont dĂšs la premiĂšre annĂ©e, et tous les deux ans, lâobjet dâune enquĂȘte de la mairie compĂ©tente, uniquement aux fins dâĂ©tablir quelles sont les raisons allĂ©guĂ©es par les personnes responsables de lâenfant, et sâil leur est donnĂ© une instruction dans la mesure compatible avec leur Ă©tat de santĂ© et les conditions de vie de la famille. Le rĂ©sultat de cette enquĂȘte est communiquĂ© Ă lâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation et aux personnes responsables de lâenfant.
Lorsque lâenquĂȘte nâa pas Ă©tĂ© effectuĂ©e, elle est diligentĂ©e par le reprĂ©sentant de lâEtat dans le dĂ©partement.
LâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation doit au moins une fois par an, Ă partir du troisiĂšme mois suivant la dĂ©claration dâinstruction par les personnes responsables de lâenfant prĂ©vue au premier alinĂ©a de lâarticle L. 131-5, faire vĂ©rifier, dâune part, que lâinstruction dispensĂ©e au mĂȘme domicile lâest pour les enfants dâune seule famille et, dâautre part, que lâenseignement assurĂ© est conforme au droit de lâenfant Ă lâinstruction tel que dĂ©fini Ă lâarticle L. 131-1-1. A cet effet, ce contrĂŽle permet de sâassurer de lâacquisition progressive par lâenfant de chacun des domaines du socle commun de connaissances, de compĂ©tences et de culture dĂ©fini Ă lâarticle L. 122-1-1 au regard des objectifs de connaissances et de compĂ©tences attendues Ă la fin de chaque cycle dâenseignement de la scolaritĂ© obligatoire. Il est adaptĂ© Ă lâĂąge de lâenfant et, lorsquâil prĂ©sente un handicap ou un trouble de santĂ© invalidant, Ă ses besoins particuliers.
Le contrĂŽle est prescrit par lâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation selon des modalitĂ©s quâelle dĂ©termine. Il est organisĂ© en principe au domicile oĂč lâenfant est instruit. Les personnes responsables de lâenfant sont informĂ©es, Ă la suite de la dĂ©claration annuelle quâelles sont tenues dâeffectuer en application du premier alinĂ©a de lâarticle L. 131-5, de lâobjet et des modalitĂ©s des contrĂŽles qui seront conduits en application du prĂ©sent article.
Ce contrĂŽle est effectuĂ© sans dĂ©lai en cas de dĂ©faut de dĂ©claration dâinstruction dans la famille par les personnes responsables de lâenfant, sans prĂ©judice de lâapplication des sanctions pĂ©nales.
Les rĂ©sultats du contrĂŽle sont notifiĂ©s aux personnes responsables de lâenfant. Lorsque ces rĂ©sultats sont jugĂ©s insuffisants, les personnes responsables de lâenfant sont informĂ©es du dĂ©lai au terme duquel un second contrĂŽle est prĂ©vu et des insuffisances de lâenseignement dispensĂ© auxquelles il convient de remĂ©dier. Elles sont Ă©galement avisĂ©es des sanctions dont elles peuvent faire lâobjet, au terme de la procĂ©dure, en application du premier alinĂ©a de lâarticle 227-17-1 du code pĂ©nal.
Si les rĂ©sultats du second contrĂŽle sont jugĂ©s insuffisants, lâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation met en demeure les personnes responsables de lâenfant de lâinscrire, dans les quinze jours suivant la notification de cette mise en demeure, dans un Ă©tablissement dâenseignement scolaire public ou privĂ© et de faire aussitĂŽt connaĂźtre au maire, qui en informe lâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation, lâĂ©cole ou lâĂ©tablissement quâelles auront choisi. Les personnes responsables ainsi mises en demeure sont tenues de scolariser lâenfant dans un Ă©tablissement dâenseignement scolaire public ou privĂ© au moins jusquâĂ la fin de lâannĂ©e scolaire suivant celle au cours de laquelle la mise en demeure leur a Ă©tĂ© notifiĂ©e.
Lorsque les personnes responsables de lâenfant ont refusĂ©, sans motif lĂ©gitime, de soumettre leur enfant au contrĂŽle annuel prĂ©vu au troisiĂšme alinĂ©a du prĂ©sent article, elles sont informĂ©es quâen cas de second refus, sans motif lĂ©gitime, lâautoritĂ© de lâEtat compĂ©tente en matiĂšre dâĂ©ducation est en droit de les mettre en demeure dâinscrire leur enfant dans un Ă©tablissement dâenseignement scolaire public ou privĂ© dans les conditions et selon les modalitĂ©s prĂ©vues au septiĂšme alinĂ©a. Elles sont Ă©galement avisĂ©es des sanctions dont elles peuvent faire lâobjet, au terme de la procĂ©dure, en application du premier alinĂ©a de lâarticle 227-17-1 du code pĂ©nal.
circulaire
Circulaire
Une circulaire est un document par le biais duquel les autoritĂ©s administratives comme les ministres, les prĂ©fets, les recteurs, etc. informent leurs services. AprĂšs le vote de la loi sur le renforcement de lâobligation scolaire en 1998, la circulaire n° 99-070 a donc Ă©tĂ© rĂ©digĂ©e en vue dâen expliquer la teneur aux agents chargĂ©s de lâappliquer. Elle a Ă©tĂ© en partie abrogĂ©e par la circulaire du 26 dĂ©cembre 2011.
Une nouvelle circulaire a été signée le 14 avril 2017 : elle précise notamment le déroulement des contrÎles.
Pour lire la circulaire n° 2017-056 du 14 avril 2017 (circulaire actuellement en vigueur)
Pour lire la circulaire n° 2011-238 du 26 décembre 2011
Pour lire la circulaire n° 99-070 du 14 mai 1999
rapports – extraits
Rapports de la milivudes
La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires : MIVILUDES
Cette mission a Ă©tĂ© instituĂ©e fin 2002 (DĂ©cret n° 2002-1392 du 28 novembre 2002). Elle a pour but, notamment, « dâinformer le public sur les risques, et le cas Ă©chĂ©ant les dangers, auxquels les dĂ©rives sectaires lâexposent et de faciliter la mise en oeuvre dâactions dâaide aux victimes de ces dĂ©rives ».
La loi n°98-1165 du 18 dĂ©cembre 1998 tend Ă renforcer le contrĂŽle de lâobligation scolaire dans le but de protĂ©ger les enfants en Ăąge scolaire de lâemprise sectaire.
A ce titre, nous sommes concernés par ces rapports rédigés en 2003, 2004, 2005 et 2006.
Il est possible de les consulter sur le site de la MIVILUDES .
Extrait du rapport 2006 â page 257
ComparĂ©e aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, lâannĂ©e scolaire 2005-2006, a Ă©tĂ© pour la Cellule de prĂ©vention des phĂ©nomĂšnes sectaires (CPPS), une annĂ©e particuliĂšrement calme.
La CPPS nâa, en effet, Ă©tĂ© que rarement saisie : trois cas dâenfants considĂ©rĂ©s comme en danger, soit parce que des parents appartenant Ă des mouvements sectaires envisageaient de les scolariser dans des Ă©coles Ă lâĂ©tranger, soit parce que lâun dâentre eux Ă©tait considĂ©rĂ© comme un enfant indigo. Dans ce dernier cas, lâinspecteur dâacadĂ©mie compĂ©tent a effectuĂ© un signalement auprĂšs du procureur de la RĂ©publique, tandis que les autres cas se sont rĂ©glĂ©s par le dialogue entre les parents et les responsables de lâĂ©ducation nationale. Ces deux derniĂšres affaires soulignent lâimportance de la vigilance que doivent exercer tous les personnels du ministĂšre : un des deux cas a ainsi Ă©tĂ© signalĂ© par une assistante sociale dont lâintervention a permis de trouver une solution satisfaisante.
La CPPS se montrera Ă©galement attentive Ă la situation des Ă©coles privĂ©es hors contrat, en particulier lorsque les conditions de leur crĂ©ation ou de leur fonctionnement font craindre un risque de dĂ©rive sectaire. Ces Ă©coles feront lâobjet dâun contrĂŽle par les corps dâinspection territoriaux.
Ces corps dâinspection territoriaux ont continuĂ© Ă se montrer actifs dans plusieurs domaines, notamment le contrĂŽle de lâinstruction dans la famille, mĂȘme sâil faut se garder de considĂ©rer que les parents qui Ă©duquent leurs enfants Ă domicile ou les Ă©tablissements privĂ©s hors contrat relĂšvent de la sphĂšre des activitĂ©s de nature sectaire. Ils ont ainsi contrĂŽlĂ© la rĂ©alitĂ© de lâĂ©ducation dispensĂ©e dans les familles (1119 enfants Ă©valuĂ©s sur 2813). Ces contrĂŽles ont rĂ©vĂ©lĂ© une situation plutĂŽt satisfaisante puisque ce nombre Ă©levé dâinterventions sâest traduit par un nombre trĂšs modeste de mises en demeure de scolarisation dans un Ă©tablissement public ou privĂ© sous contrat : 23, aprĂšs que deux Ă©valuations successives avaient dĂ©montrĂ© un niveau dâacquisition des connaissances trĂšs insuffisant.
Il est intĂ©ressant de noter quâun rapport de la MIVILUDES prĂ©cise enfin que lâinstruction en famille nâest pas systĂ©matiquement liĂ©e Ă une dĂ©rive sectaire. Toutefois, on peut sâĂ©tonner que soient mentionnĂ©es les 23 injonctions de scolariser dans ce rapport exclusivement dĂ©diĂ© aux dĂ©rives sectaires. En effet, les injonctions de scolariser ne concernent quâun dĂ©faut dâinstruction, et non la rĂ©alitĂ© dâune appartenance sectaire. Dâautre part, le rapport prĂ©cise quâil nây a eu que 3 cas dâenfants en danger, et ces enfants Ă©taient, pour au moins deux dâentre eux, scolarisĂ©s, comme le prĂ©cise ce mĂȘme rapport.
Extrait du rapport 2005Â â page 106
La CPPS* a particuliĂšrement axĂ© son effort en 2005 sur le contrĂŽle des enfants instruits Ă domicile ou dans des Ă©tablissements privĂ©s hors contrat (environ 10.000 au total). Plus de 1000 contrĂŽles ont ainsi Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s par des personnels dâinspection (en application de la loi du 18 dĂ©cembre 1998 et du dĂ©cret du 23 mars 1999 relatif aux contenus des connaissances requis des enfants instruits dans la famille ou dans des Ă©tablissements privĂ©s hors contrat). Dans quelques cas (rares), la famille a Ă©tĂ© amenĂ©e Ă inscrire lâĂ©lĂšve dans un Ă©tablissement public ou privĂ© sous contrat.
*la Cellule chargée de la prévention des phénomÚnes sectaires
Extrait du rapport 2005Â â page 110
La famille peut ĂȘtre informĂ©e de la date du contrĂŽle et du lieu oĂč il se dĂ©roulera (domicile, mairie, inspection dâacadĂ©mie, Ă©tablissement scolaire). Le contrĂŽle peut avoir lieu en prĂ©sence ou en lâabsence des parents qui peuvent ĂȘtre entendus. Ce contrĂŽle est, cependant, dĂ©licat : il doit Ă©valuer si, Ă lâissue de la pĂ©riode dâinstruction obligatoire, le niveau atteint par lâenfant est comparable Ă celui des Ă©lĂšves scolarisĂ©s dans un Ă©tablissement dâenseignement. Se pose donc le problĂšme, difficile, du rythme de progression de lâenfant, compte tenu des choix Ă©ducatifs effectuĂ©s.
Ces contrĂŽles, effectifs, font preuve dâune certaine efficacitĂ© : mĂȘme sâils nâen sont probablement pas la seule cause, on constate une forte diminution du nombre des enfants instruits Ă domicile, passĂ© de 6000 en 1998 Ă 1000 en 2004.
=>Cette phrase remet en cause la libertĂ© du choix dâinstruction. LAIA a envoyĂ© un courrier au PrĂ©sident de la MIVILUDES.
Extrait du rapport 2005Â â page 113
Si donc les possibilitĂ©s de contrĂŽle peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme satisfaisantes en ce qui concerne lâenseignement dans les familles et les Ă©coles privĂ©es hors contrat, elles sont limitĂ©es sinon nulles en ce qui concerne lâenseignement Ă distance. Or, câest probablement le secteur oĂč les dĂ©rives sectaires sont les plus nombreuses. Faute dâun accord entre Ătats, difficilement envisageable quand on connaĂźt les diffĂ©rences dâapproche du problĂšme, on voit mal comment amĂ©liorer la qualitĂ© de ce contrĂŽle.
On peut se demander si lâinscription dâun enfant Ă un cours par correspondance ne constitue pas en rĂ©alitĂ© une forme dâinstruction dans la famille. Lâarticle L. 131-2 du code de lâĂ©ducation semble en effet distinguer entre lâinstruction donnĂ©e « dans un Ă©tablissement » (lâinscription Ă un service dâenseignement Ă distance ne peut constituer au sens propre une instruction « dans » un Ă©tablissement) et lâinstruction donnĂ©e « dans la famille » (la circonstance que la famille fasse appel Ă un service dâenseignement Ă distance ne change rien au fait que lâenfant reçoit lâinstruction dans la famille). Si lâon retient cette interprĂ©tation, lâinscription Ă un service dâenseignement Ă distance ne soustrait pas lâenfant Ă la possibilitĂ© dâun contrĂŽle de lâinstruction donnĂ©e dans la famille. Les directions compĂ©tentes du ministĂšre Ă©tudient la possibilitĂ© dâune modification de la circulaire du 14 mai 1999 relative au contrĂŽle de lâobligation scolaire afin de clarifier ce point.
=>Il apparaĂźt dans ce rapport que les familles qui inscrivent leurs enfants aux cours par correspondance pourraient ĂȘtre soumises au contrĂŽle au mĂȘme titre que les familles qui dĂ©clarent instruire leurs enfants Ă la maison.
Extrait du rapport 2004Â â page 16
EDUCATION / ENFANTS
â Mineurs instruits dans la famille / influence sectaire
« En application de la loi du 18 dĂ©cembre 1998, lâenseignement assurĂ© aux mineurs instruits dans les familles est rĂ©guliĂšrement contrĂŽlĂ© par les personnels dâinspection de lâĂ©ducation nationale. Pour lâannĂ©e scolaire 2002-2003, 1156 enfants Ă©taient instruits dans les familles. Parmi eux, il est trĂšs difficile de distinguer ceux qui le sont pour des raisons « pseudo-religieuses », les parents nâayant pas Ă invoquer un motif prĂ©cis. Les nombreux contrĂŽles effectuĂ©s (677) pour la mĂȘme annĂ©e scolaire semblent indiquer toutefois quâune proportion non nĂ©gligeable de ces Ă©lĂšves (de 10 Ă 20 %), correspond au public visĂ© par votre question*. Lorsque les parents se dĂ©robent Ă lâobligation dâĂ©valuation de leur enseignement, un signalement auprĂšs du procureur de la RĂ©publique est automatiquement effectuĂ© par les autoritĂ©s acadĂ©miques. Câest ainsi que plusieurs procĂ©dures judiciaires sont actuellement en cours. Certaines ont dâores et dĂ©jĂ abouti au retrait dâenfants Ă leurs familles ».
*La question concernait les enfants « dont on peut penser quâils subissent une instruction sectaire »
Extrait de la présentation à la presse du rapport 2004, le 22 mars 2005
Renforcer le contrĂŽle de lâobligation scolaire.
Depuis la loi de dĂ©cembre 1998, le contrĂŽle a Ă©tĂ© mieux Ă©tabli et le nombre dâenfants instruits dans la famille est passĂ© de plus de six mille en 1998 Ă moins dâun millier en 2005, ce qui rĂ©duit dâautant les risques de voir se dĂ©velopper les classes autarciques.
En revanche, les quelque 40.000 Ă©lĂšves scolarisĂ©s dans les Ă©tablissements privĂ©s hors contrat, et ceux ayant choisi lâenseignement Ă distance ne bĂ©nĂ©ficient pas de tels contrĂŽles.
Il conviendrait donc de les renforcer sur ce plan.
De mĂȘme conviendrait-il de valider les diplĂŽmes dĂ©livrĂ©s par certains Ă©tablissements dâenseignement supĂ©rieur privĂ©s, dans le champ de la santĂ© notamment.
enquĂȘte de la mairie
Visite du maire ou de son représentant
Les enfants soumis Ă l’obligation scolaire qui reçoivent l’instruction dans leur famille sont dĂšs la premiĂšre annĂ©e, et tous les deux ans, l’objet d’une enquĂȘte de la mairie compĂ©tente. Dans les villes dotĂ©es d’un service d’action sociale, une assistante sociale est gĂ©nĂ©ralement mandatĂ©e pour effectuer cette enquĂȘte, alors que le maire ou l’adjoint au maire chargĂ© des affaires scolaires s’en charge dans les communes rurales.
L’article L. 131- 10 prĂ©cise que cette enquĂȘte est faite « uniquement aux fins d’Ă©tablir quelles sont les raisons allĂ©guĂ©es par les personnes responsables, et s’il leur est donnĂ© une instruction dans la mesure compatible avec leur Ă©tat de santĂ© et les conditions de vie de la famille ».
Elle ne doit donc pas porter sur le contenu pĂ©dagogique, qui sera examinĂ© lors du contrĂŽle pĂ©dagogique par les services de l’Inspecteur d’AcadĂ©mie.
Nous attirons votre attention sur le fait que nous n’avons pu trouver, ni dans les bulletins de l’Education Nationale, ni auprĂšs des assistantes sociales, aucun texte officiel qui prĂ©cise le contenu, le dĂ©roulement, la durĂ©e, le type de questions, en un mot les LIMITES de cette visite.
Cette visite n’est pas une « enquĂȘte sociale » (enquĂȘte demandĂ©e nominativement par un juge dans le cadre de la protection de l’enfance) et elle ne doit donc pas ĂȘtre aussi intrusive. Si les demandes que l’on vous fait Ă cette occasion vous semblent abusives, n’hĂ©sitez pas Ă demander que l’on vous fournisse les textes lĂ©gaux sur lesquels les personnes mandatĂ©es par la Mairie s’appuient. En l’absence de texte, vous pouvez refuser de rĂ©pondre Ă toute autre question.
Lors de cette visite, il est frĂ©quent que l’assistante sociale ou toute autre personne mandatĂ©e demande Ă consulter le carnet de santĂ© de votre enfant. Nous vous rappelons que le carnet de santĂ© est un document protĂ©gĂ© par le secret mĂ©dical : ainsi seul un mĂ©decin peut le consulter. Vous ĂȘtes donc obligĂ© de le produire Ă la demande d’un mĂ©decin scolaire. Il existe des sanctions pĂ©nales Ă l’encontre de toute autre personne qui en exige la consultation. Seules les pages relatives aux vaccinations peuvent ĂȘtre consultĂ©es par une autre personne.
Pour les parents qui rencontrent cette situation pour la premiĂšre fois, sachez que dans la majoritĂ© des cas ces enquĂȘtes sont faites avec courtoisie et respect, souvent dans la bonne humeur, quelquefois dans la curiositĂ© pour des familles qui ont fait un choix diffĂ©rent… Dans les rares cas oĂč les personnes mandatĂ©es sont franchement hostiles, soyez vigilants dĂšs le dĂ©part. Refusez de rĂ©pondre aux questions insidieuses, demandez les textes lĂ©gaux, et contactez notre association.
contrĂŽles
ContrÎle pédagogique
La loi L131-10 indique que l’inspecteur d’acadĂ©mie doit faire vĂ©rifier, au moins une fois par an, que l’enseignement assurĂ© est conforme au droit de l’enfant Ă l’instruction.
Ce contrĂŽle peut avoir lieu au domicile des parents ou dans les locaux de l’Education Nationale. L’inspecteur peut choisir les modalitĂ©s du contrĂŽle, et ce dernier peut ĂȘtre inopinĂ©.
En ce qui concerne la progression Ă©tablie, la loi prĂ©cise que « Le contenu des connaissances requis est fixĂ© par dĂ©cret. »Â
A l’issue de ce contrĂŽle, l’inspecteur confirme, dans un rapport Ă©crit, que l’enfant reçoit bien une instruction conforme au droit des enfants Ă ĂȘtre instruits, conformĂ©ment Ă la lĂ©gislation française. Ou, si la situation l’exige, explique en quoi l’instruction donnĂ©e n’est pas conforme et demande un second contrĂŽle dans un dĂ©lai raisonnable permettant Ă la famille soit d’expliquer les raisons de cette non conformitĂ©, soit de mettre en place les pratiques qui permettront Ă l’instruction d’ĂȘtre conforme Ă la lĂ©gislation. A l’issue du second contrĂŽle, le rapport pourra ĂȘtre positif ou sinon amener Ă une injonction de scolarisation.
